Santé

Quel lien entre immunité et microbiote intestinal ?

A chaque personne correspond un terrain biologique spécifique, ce terrain prend en compte l’hérédité bien sûr, mais pas seulement. Celui-ci est façonné par notre mode de vie, notre alimentation, nos émotions, notre niveau de stress, notre microbiote intestinal (dont il sera question plus loin) etc.

Ce terrain se manifeste au travers des liquides de l’organisme dans lesquels baignent environ 100 000 milliards de cellules. Nous sommes faits à 70 % de liquide (plus ou moins selon l’âge) et notre cerveau est composé à 90 % d’eau.

Pour un individu moyen (70 kg) voici la répartition des liquides dans l’organisme :

  • Sang : 5 à 6 litres
  • Lymphe : 5 à 6 litres
  • Liquides extracellulaires : 4 à 5 litres
  • Liquides intracellulaires : environ 28 litres

Les cellules dépendent du milieu dans lequel elles vivent. Elles reçoivent des éléments nutritifs dont elles ont besoin (oxygène, sucre, minéraux, vitamines…) et doivent aussi continuellement évacuer les déchets ou les toxines.

Quand les cellules se retrouvent dans un milieu trop acide et chargé en déchets, elles ne peuvent plus remplir leur rôle. C’est alors l’organisme dans son entier qui dysfonctionne, et l’homéostasie est compromise.

Homéostasie : Processus de régulation par lequel l’organisme maintient les différentes constantes du milieu intérieur (ensemble des liquides de l’organisme) entre les limites des valeurs normales. Caractéristique d’un écosystème qui résiste aux changements (perturbations) et conserve un état d’équilibre. Exemples : la température corporelle (oscillant toujours autour de 37°C), la glycémie (toujours aux alentours de 1g/L).

Un million de milliards de bactéries peuplent notre intestin ! C’est à dire un ratio de 10 bactéries pour une cellule humaine, et cela représente 2 à 3 kg de bactéries par personne !

L’intestin est la partie du système digestif qui s’étend de la sortie de l’estomac jusqu’au rectum. Il comprend l’intestin grêle et le gros intestin (côlon). Outre sa participation au processus de digestion des aliments, il a pour rôle de filtrer et absorber les nutriments provenant de notre alimentation. Il laisse passer dans l’organisme l’eau, les acides-aminés, les lipides, les glucides, les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments et fait barrière aux autres substances potentiellement chargées d’agents infectieux. Les bactéries de l’intestin, loin d’être inutiles, interviennent dans ces processus et notre santé en dépend sur de nombreux plans.

Sans microbiote pas d’immunité !

L’ensemble des bactéries intestinales forment ce qu’on appelle la flore intestinale ou microbiote.

Nous avons chacun notre propre microbiote personnel, modelé par une conjonction de plusieurs facteurs : hérédité, alimentation (et ce dès la naissance selon que le choix est porté sur l’allaitement au sein ou au biberon), hygiène excessive ou déficiente dans la petite enfance, maladies et infections, prises d’antibiotiques, consommation excessive de sucre ou d’alcool…

Un microbiote sain est fondamental pour une bonne immunité : 70% de notre système immunitaire se situe dans les cellules de la muqueuses de nos intestins.

Le système immunitaire est en effet éduqué dans les intestins : il y apprend à distinguer ce qui nous est propre de ce qui nous est étranger (aliments, bactéries…), et parmi les étrangers à distinguer ceux qui ne posent pas de problème, voir même ceux qui sont bénéfiques (la « bonne flore »), de ceux qui pourraient nous rendre malade (bactéries dangereuses comme les salmonelles par exemple).

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